Banshee Saison 3 – l’américaine sulfureuse continue de faire rêver le gangster en nous

On se souviendra des saisons précédentes pour leur capacité à la surenchère sans jamais faire dans le « too much ». La saison trois de Banshee ne change pas de tactique. Entre les gros fusils à pompe, l’hémoglobine et les scènes de sexe bestiales, on redécouvre l’atmosphère électrique de la série, ce petit plus qui nous avait séduit. Pourtant on y sent aussi un changement de ton. Les personnages ne font plus du spectacle, ils sont devenus familiers et montrent de nouvelles facettes intéressantes.

Fraudeur dans ses bottes de shérif, Lucas Hood fait moins sauvage, ses yeux glacés et sa mâchoire fermée font désormais le charme de son côté chef de meute. Evidement une histoire de progéniture veut qu’il se la joue un peu papa poule tout en rudesse avec son corps en acier trempé. Il semble se complaire dans sa vie de couple plan-plan avec la collègue de bureau. Heureusement, il n’a pas encore investi dans une paire de charentaises et il sait encore faire saigner les néo-nazis au fond des ruelles. Autour de lui, la petite bande habituelle gravite mollement, après seulement deux épisodes il est difficile de juger. Et puis Job, notre travesti asiatique préféré, laisse deviner un gros retour de flamme pour la suite, puisqu’il commence déjà à parler de dynamite… Anastasia/Carrie quant à elle ne se laisse pas abattre par son divorce. En vraie femme du 21e siècle, elle est serveuse dans un diner le jour, et elle reprend son habit de voleuse la nuit. Le problème c’est qu’elle n’a plus trop le temps de s’occuper de ses enfants en crise et de son ex-mari, le maire alcoolique en burn-out.

 banshee

On l’a bien compris, l’équipe de nos gentils braqueurs panse encore ses blessures, mais les autres « clans » de Banshee ne prennent pas de vacances. On avait eu les amish mutiques, les indiens sanguinaires, les néo-nazis sous cristal meth, et les mafieux russes revanchards, maintenant on laisse place aux Marines psychorigides, caricature des militaires US comme on les aime.
Le grand méchant des anciennes saisons ayant tiré sa révérence, il était difficile d’imaginer un remplaçant digne de ce nom. Pourtant les indiens plus énervés que jamais reprennent du service et les soldats ultra-violents font renaitre les intrigues. L’ancien amish et nouveau gangster, Proctor, traine un peu la patte pour l’instant, pathétique avec ses histoires de famille. C’était sans compter sa nièce croqueuse d’homme… Impitoyable elle commence à bien maitriser les ficelles de l’entreprise familiale et se met du sang plein les doigts comme une championne.

La saison trois de Banshee annonce donc une belle folie, dévastatrice et imaginative. Les premiers épisodes sont chargés de promesses. Loin de stagner, Banshee s’enfonce furieusement dans le délire. Nos héros n’ont clairement pas fini de tirer dans le tas et de se déchirer au nom de l’amour ou du saint dollar. Alors oui, on continue d’aimer cette série de sales gosses, parce que Banshee c’est l’Amérique fantasmée par nos âmes de cowboys modernes. Banshee c’est la série sulfureuse, démente, gratuite dans la violence qui nous manquait.

Raphaëlle Vanjak

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