Kingsman

Matthew Vaughn nous en a fait voir de toutes les couleurs ces dernières années. Il a d’abord commencé sa carrière en tant que producteur aux coté de Guy Ritchie, le réalisateur le plus déjanté du cinéma britannique. Il se lance ensuite dans la réalisation et signe le brillant Kick Ass adapté d’un comic de Mark Millar. Aussi quand Matthew Vaughn refuse de tourner X-Men: Days of Future Past, pour se concentrer sur une nouvelle adaptation du même auteur de bande dessiné, tout le monde s’attend à un grand film.

Au programme, un film d’espionnage réalisé sur le même ton que Kick Ass et parodiant les grands personnages du genre, de James Bond à Ethan Hunt. Kingsman c’est l’agence d’espionnage ultra-secrète du gouvernement britannique digne du MI6. Un peu plus guindé que les agents 00, les espions du roi se doivent d’être de véritables gentlemen au flegme incontestablement british… et le costume trois pièce est de rigueur. Aussi quand Harry Hart interprété par Colin Firth va recruter Eggsy, un jeune voyou de banlieu londonienne dont le style vestimentaire ressemble plus à Eminem qu’au prince William, ce sont tous les codes de cette institution ancestrale qui vont voler en éclats.

Si Kingsman est bien en dessous de Kick Ass (et on est presque obligé de faire la comparaison), il possède néanmoins toutes les qualités du bon film de divertissement. Mattehw Vaughn détourne avec brio les blockbusters d’espionnage, pour nous livrer une comédie décomplexée et irrévérencieuse. On passe un bon moment certe, entre les punchline délirante Samuel L. Jackson qui incarne le grand méchant du film et les tirades impertinente de Eggsy mais on ne retrouve pas la subtilité qui était à l’œuvre dans Kick Ass (je sais, je continue de comparer). Mais dans son premier opus, le réalisateur était parvenu à transformer cette parodie de films de super héros en véritable chronique jubilatoire sur notre société contemporaine, un véritable coup de poing dans la figure des héros Marvel stéréotypés. On regrette donc que Matthew Vaughn en récupérant la recette à succès de Kick Ass, ne soit pas parvenu à réaliser plus qu’un film aux ambitions désespérément lucratives…

Raphaël Londinsky