La promesse de l’aube : une BO à la gloire de nos mères

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C’est parce que Romain Gary disait « Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais » que cette relation mère/fils est à l’image de toutes les autres. Ce film nous parle à tous et est en quelque sorte un hymne à l’amour. Certes étouffant.

Critiqué, le nouveau film d’Éric Barbier, La promesse de l’aube, est une adaptation du roman éponyme de Romain Gary. Il est, d’ailleurs, considéré par l’écrivain comme une double promesse : celle d’une mère aimante qui veut protéger son enfant et celle d’un fils qui, tacitement, jure d’accomplir tout ce qu’elle attend de lui.

Ici, il n’est pas question de conforter ou réfuter les critiques, mais seulement d’écouter le film, et sa bande son qui sert à merveille les propos du réalisateur. 

La voix off, comme une chanson douce

« Dès le début c’était très important pour moi de retrouver la langue et l’écriture de Romain Gary ». Selon Éric Barbier, la voix off était donc indispensable. Le spectateur se dit alors « ce que j’entends c’est le livre ». L’ouvrage est ainsi lu à voix haute avec une douceur apaisante, qui rythme le récit et nous raconte une histoire. La voix de Pierre Niney, qui interprète l’écrivain lui-même, est le fil conducteur qui nous accompagne dans le récit mais aussi dans les profondes émotions de Romain Gary qui se dévoilent sur le papier.

L’humour occupe également une place très importante dans le roman. En effet, Romain Gary disait « l’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la suprématie de l’homme sur ce qui lui arrive » et il est humblement présent dans le film. Éric Barbier souhaitait garder cet aspect comique du livre et notamment le retranscrire grâce à la voix off. L’humour noir se niche alors dans des scènes dramatiques lorsque des situations plus légères se transforment en drame national.

Voix off : vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x5zorsk 

Une musique enivrée par l’amour d’une mère

La bande originale a été confiée à Max Richter, compositeur germano-britannique qui travaille dans la musique classique et électro contemporaine et qui a composé les musiques de Shutter Island ou encore Elle s’appelait Sarah.

La musique du film joue alors un double jeu, elle vient alourdir certaines séquences et en alléger d’autres. Les scènes de fêtes au Mexique ou bien lors des soirées pendant la guerre, sont accompagnées de musique dansante et gaie. Cependant, la quasi-totalité de la bande originale du film est empreinte d’une lourdeur fatale imposée par l’amour d’un mère et l’acharnement d’un fils qui souhaite venger sa mère, pauvre, humiliée et souffrante. Le combat de ces deux personnages l’un pour l’autre est terrifiant, ils se blessent mutuellement. La mère, jouée remarquablement par Charlotte Gainsbourg, en attend trop de son fils, elle est cruelle, et son fils, Pierre Niney, est déboussolé par tout cet amour et veut immanquablement, parfois au péril de sa vie, satisfaire les attentes de sa mère. Elle est son guide, elle lui a toujours dit quoi faire et comment le faire, ce qui l’a mené à plusieurs reprises au désespoir et à la solitude. « Ce que je veux dire, c’est qu’elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis. » Ce film est aussi le portrait bienveillant d’une femme indépendante qui se sacrifie pour que son fils puisse « devenir quelqu’un ».

C’est pourquoi Max Richter en reproduisant la même mélancolie que celle ressentie dans le livre de Romain Gary, réalise un coup de maître. Il retranscrit à la perfection la complexité fusionnelle et le poids de l’amour dans la relation mère/fils.

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Et alors que sa mère ne verra jamais les œuvres de son fils, l’obsession et l’oppression des deux personnages crèvent les yeux, mais l’hymne à l’amour est évident.