Asseyez-vous, le decteur va venir s’occuper de vous

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La saga Hannibal :

◦      4 romans

◦      5 films

◦      1 série

Ne me demandez pas pourquoi, peut-être est-ce mon humeur du moment, la conjoncture internationale, voire la hausse de prix du pétrole, mais je voulais écrire cette chronique sur le thème « Les méchants au cinéma ». Le champ de recherche étant aussi imposant que la filmographie de Woody Allen, et pour éviter de procéder à une interminable liste de noms sans réel intérêt, je me suis posé cette question : quel est, selon moi, le méchant le plus emblématique de l’histoire du cinéma ? Après plusieurs tâtonnements et hésitations (oui, c’est à vous Joker et autre Alex de Large que je pense) la réponse m’a finalement sauté aux yeux. Qui de plus symboliquement diabolique que le Dr Hannibal Lecter ?  Que l’on ait lu les livres, vu les films ou même les deux pour les plus téméraires, Hannibal vous aura, sans aucun doute, glacé le sang, perturbé et terrorisé au rythme de scènes de meurtres aussi mythiques qu’horrifiques. Laissez-moi à présent vous dresser le portrait du plus célèbre sociopathe que le grand écran ait jamais connu.

Hannibal est un personnage d’une complexité folle. De prime abord, il a tout du gendre idéal. Il est intelligent, drôle, cultivé, adepte des bonnes manières, mélomane, et possède un charisme débordant. De plus, son sens de la rhétorique surdéveloppé lui permet de captiver les foules. Cependant, l’aguichante façade cache un secret terrifiant : Hannibal n’est rien d’autre qu’un tueur en série et, encore plus cauchemardesque, un cannibale. Quand il traque une proie, il agit sans aucun remord ni sens moral et sa chasse est toujours victorieuse. Cependant, très loin de l’archétype banal du tueur en série psychologiquement dérangé et en proie à des pulsions meurtrières qu’il ne contrôle pas, le Dr Lecter est constamment lucide et d’une logique implacable. Tous ses meurtres et « repas » semblent guidés par des motivations qui, sans aucunement justifier ses actes, leur donne un sens, qu’il soit futile (comme par exemple tuer un flutiste qui ne joue pas assez bien et le donner en repas au reste de son orchestre), ou dramatique (comme par exemple la traque et le meurtre des assassins de sa sœur alors qu’il n’a même pas 20 ans). Dans leur réalisation, un esprit aussi tordu que le sien pourrait même les qualifier d’œuvres artistiques. Ils sont à chaque fois minutieusement préparés, et font preuve d’une imagination débordante.

A travers les différents opus portés au cinéma, une impression saute constamment aux yeux du spectateur. Qu’il soit en train de torturer l’une de ses victimes, ou bien enfermé dans l’hôpital psychiatrique le plus sécurisé des Etats-Unis, Hannibal reste maitre du jeu. Il prend un malin plaisir à manipuler tous ceux qui ont le malheur de croiser sa route et parvient, grâce à son intelligence sans limite, à torturer quelqu’un rien qu’en échangeant avec lui. Dans « Le Silence des Agneaux », Clarice Sterling (interprété par Jodie Foster) décide d’interroger Hannibal, alors en captivité, pour qu’il l’aide sur une affaire en cour. Mais celui-ci va prendre un malin plaisir en l’obligeant, après chaque information donnée, à aborder les moments les plus douloureux et traumatisants de sa jeunesse.

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Vous l’aurez compris chers lecteurs, Hannibal Lecteur est un personnage terrifiant et abominable, mais profondément complexe. Chaque film parviendra sans aucun doute à vous fasciner et à vous captiver. Leur atout considérable étant bien sûr Sir Anthony Hopkins (hormis pour « le sixième sens » où c’est Brian Cox qui interprète le célèbre meurtrier) qui signe, selon moi, le meilleur rôle de sa carrière en arrivant à retranscrire à la perfection la dualité de ce personnage.

Pour tous ceux qui n’auraient pas encore vu cette saga, vous pouvez foncer tête baissée.

 

Sacha Montagut