Amour(s)

« Il n’y a de vrai au monde que de déraisonner d’amour », c’est avec cette citation d’Alfred de Musset que Xavier Dolan nous introduit à son second film, et c’est en effet d’amour dont il va nous parler, d’amour à perdre la raison, mais surtout, d’amours imaginaires.

« Les amours imaginaires » nous parle d’un triangle amoureux. Francis et Marie sont tous deux amoureux d’un même homme, Nicolas. Le film, entrecoupé de témoignages que de jeunes gens font d’histoires d’amour vécues, évolue avec ses personnages, de fantasmes en désillusions. En plus d’aborder le sujet de l’amour, le film aborde le sujet de l’amitié.  Une amitié qui devient rivalité, une amitié entrecoupée de piques, que l’on se lance au détour d’une soirée.

Le film atteint son paroxysme sous la chanson de The Knife, « pass this on », dans une soirée, où Marie et Francis verront en Nicolas respectivement un David de Michel ange ou un dessin de Jean Cocteau, contrastant avec la robe légèrement anachronique de Marie et « l’air de pétasse assoiffé d’un Manhattan désuet » de la mère de Nicolas. Les corps, ou le corps, de Nicolas, se verra observé par le regard fixe et envoûté de nos deux protagonistes.

Ce film, à la photographie sublime,  va donner à voir au spectateur le spectre des sentiments de Francis et Marie, en couleurs chaudes et froides, ou dans les couleurs d’un automne où les feuilles de l’amour ne cesseront de tomber.

Enfin, Xavier Dolan a, comme dans ses autres films, fait des choix musicaux très éclectiques, allant de Bach à The Knife, en passant par Dalida et Isabelle Pierre. Il réussit à accorder parfaitement musique et image, et cette diversité musicale contribue à rythmer le film.

Un film sur les amours imaginaires, les amours impossibles et les amours fantasmés, un film que le spectateur quittera sur un air d’Indochine, sans doute avec le regret qu’il ne dure pas plus longtemps.

Mathieu DIDRY